dimanche 23 août 2026

Les Fraises Électriques (2026) Douce amertume


 
★★★★☆

Avec ce deuxième album placé sous le signe de la rupture, Les Fraises Électriques tentent une mue artistique aussi risquée qu’attendue. L’arrivée de deux nouveaux membres — le tandem Jane et Jean (frère du batteur Jet) — agit comme un électrochoc créatif. Désormais principaux auteurs des textes et esquisses musicales, ils imposent une plume plus aérienne, parfois désinvolte, qui tranche avec la densité des débuts du groupe. Le reste du groupe, fidèle à son identité sonore, enrichit l’ensemble par des arrangements audacieux. Cette complémentarité permet au collectif régénéré d’explorer avec assurance de nouveaux territoires de pop psychédélique, mêlant atmosphères oniriques, mélodies accrocheuses et expérimentations sonores. Ce deuxième opus marque ainsi une étape décisive dans l’évolution du groupe : plus mature, plus cohérent et résolument tourné vers l’exploration, il confirme la capacité des Fraises Électriques à se réinventer tout en conservant leur singularité. Le groupe envisagerait d’enregistrer un album de hard rock en revenant provisoirement à sa formule originale en quatuor, avant d’accueillir de nouveau Jean et Jane pour se lancer dans un nouveau projet. Un groupe à suivre.

En écoute : La fée verte




ou en streaming sur YouTube

Déjà vu sur :


Bonne écoute et A+

mercredi 19 août 2026

La Sélection ROCK 2026 du 666 - Volume 1

Premier volume 2026 de mes sélections de nouveautés que j'ai bien appréciés ces dernières semaines.






00-Les Fraises Électriques : On joue fort, on vit vrai

01-Spaghatt : Perte totale

02-MDNS : Téléphone

03-The Odds : Gabriella

04-Clémentine March : Symptomatique


05-The Mystery Lights : Kids of today

06-Caitlin & Brent : Intoxited

07-Fat White Family : We hot beef (live at Konk Studio)

08-Saintseneca : Hill still namless


09-Clair : Le gendarme

10-Melody's echo chamber : Eyes closed

11-Tentative : L'homme à la clé 


12-Papooz : Repos


13-Glyders : Super Glyde

14-Eric Wreckless : Home Away

15-Bass Drum of Death : Got a feeling


16-Joanna : Bandit Country (1989) démo inédite


🔗Vol.1


Bonne écoute et A+


lundi 17 août 2026

Les Fraises Électriques-Crispation Parasite

Pour le fun, je me suis lancé dans la musique comme on branche un ampli sans savoir ce qui va sortir. J’ai écrit des textes, j’ai balancé tout ça dans Suno, et boum : me voilà avec un album sous le bras, comme une rockstar du dimanche (En vrai, c’est un peu comme monter un meuble suédois sans notice : ça a l’air simple… mais tu y passes la nuit). Depuis, deux autres albums et un EP ont vu le jour, preuve que quand la machine est lancée, difficile de la freiner. L’IA permet le fantasme ultime : enregistrer des disques sans studio hors de prix, sans tournée épuisante, sans casser sa guitare sur scène. Faut juste prendre ça pour ce que c’est : du plaisir pur, du bruit, des idées qui prennent vie, et une bonne dose de second degré. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : on crée, on s’amuse, rock’n’roll, version XXIe siècle.  Mais bon, le progrès c’est sympa… mais rien ne vaut le charme intemporel d’une chambre d’hôtel retournée et d’une télé en chute libre au petit matin.


★★★✩☆ Avec Crispation Parasite, Les Fraises Électriques signent un premier album nerveux, sale et étonnamment habité. Exit une partie des détours Rockabilly des débuts : le groupe serre les boulons et plonge tête la première dans un garage rock tendu, nourri de surf toxique, de glam cabossé et d’un grunge râpeux qui suinte encore l’huile chaude. Dès les premières mesures, le ton est donné : guitares fuzz, basse martelée comme une chaîne de montage et batterie jouée à l’urgence. Le son est volontairement brut, presque abrasif, mais jamais brouillon. On sent un groupe qui a appris à canaliser sa fureur pour en faire une véritable signature. Mais la vraie force de l’album réside dans ses textes ancrés dans la réalité. Ici, pas de romantisme facile ni de posture rebelle en toc. Les Fraises Électriques parlent de fatigue sociale, de frustrations quotidiennes, de solitude et de survie émotionnelle. Le tout avec un mélange de cynisme, d’humour noir et d’éclairs de tendresse qui empêchent le disque de sombrer dans la simple colère. Chaque morceau ressemble à une scène vécue, captée sur le vif, transformée en décharge sonore. On pense parfois à une virée nocturne sortie d'un film de série B. Ailleurs, c’est le soleil cru d’un surf rock déglingué qui surgit, avant qu’un refrain glam ne vienne tout faire vaciller. Cette instabilité stylistique, loin d’être un défaut, donne au disque une tension permanente, comme s’il pouvait dérailler à tout moment. Tout n’est pas parfait : quelques titres tirent un peu en longueur et certaines expérimentations semblent plus instinctives que pleinement abouties. Mais c’est aussi ce qui rend Crispation Parasite attachant : on y entend un groupe vivant, en mutation, qui préfère le risque au confort. Au final, Les Fraises Électriques livrent un album sincère et profondément humain, qui parle autant aux tripes qu’à la tête. Un disque à écouter fort, tard, et sans mode d’emploi.


Jet Fraise : Batterie & voix
Maureen Fraise : Basse & voix
Horace Fraise : guitare solo & voix
Jack Fraise : Guitare rhythmique & voix


ou
en écoute sur You Tube

Les charts ne sont pas prêts. Moi non plus, mais j’appuie quand même sur record.😎

Bonne écoute et A+

PS : J'avais partagé l'album il y a 6 mois sur lun autre blog